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La Réunion, c’est aussi une histoire bretonne

Publié le par Amicale Bretagne Réunion

Lu dans Ouest-France : La Réunion, c’est aussi une histoire bretonne

Article issu de l'édition de Morlaix du vendredi 14 mars 2014

 

La Réunion, c’est aussi une histoire bretonne

Les Bretons sont partout. Comme à 10 000 km de la métropole, sur l’île de La Réunion, où ils prennent toute leur part à la vie économique et culturelle.

Binious, bombardes, chapeaux ronds et cocotiers… La scène se passe à 10 000 km des côtes bretonnes, sur le front de mer de SaintPaul, à l’île de La Réunion. Ce soirlà, le bagad de la Kevrenn Alré (Auray) est l’invité d’honneur d’un kabar (concert en créole) donné à l’occasion des 350 ans du peuplement du département d’Outre-mer de l’océan Indien. Le plateau réunit aussi des artistes locaux de maloya (musique issue de l’esclavage inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco) pour un concert. Sébastien Hervé, le très actif président de l’amicale Bretagne-Réunion, est à l’origine de cette soirée avec son association qui revendique environ 500 sympathisants.

Une monnaie, le kerveguen

Au XVIIe siècle, le territoire devient un enjeu stratégique pour la Compagnie des Indes qui envoie des colons, dont une large majorité de Bretons.« Sur les 8 500 premiers habitants, environ 53 % étaient Bretons », indique Dominique Aupiais, auteur d’une thèse consacrée à l’héritage celtique dans l’océan Indien. Dans son ouvrage, l’historien entend démontrer la survivance d’une âmebretonnedanslasociétéréunionnaise contemporaine, notamment vis-à-vis« du rapport à la religion, avec les pèlerinages, ou encore un fort esprit d’indépendance ». L’histoire réunionnaise est jalonnée de grandes figures bretonnes, avec le gouverneur Mahé de la Bourdonnais, dont l’influence s’est aussi exercée à Maurice. Et jusqu’au XIXe siècle, avec la puissante famille Kerveguen, originaire du Finistère, qui régnait en maître au sud de l’île et sur plus de 400 esclaves, au point de frapper pendant plusieurs années sa propre monnaie, le kerveguen.

Un héritage linguistique

L’héritage breton, c’est encore la toponymie des communes de l’île, dont la moitié porte un prénom de saint, ou les très réputées brodeuses de Cilaos, plusieurs fois élues meilleures ouvrières de France… Quant à la langue créole, «il va de soi qu’il y a un apport très fort du domaine maritime venant de l’ouest de la France », renseigne Jean-Philippe Watbled, professeur de linguistique à l’université de La Réunion. L’un des principaux acteurs politiques réunionnais, le député-maire de Saint-Joseph, Patrick Lebreton, aurait du mal à contester l’origine de son patronyme…

Un partenariat avec Lorient

Les Bretons ont aussi fait figure de pionniers dans les années 1980 en lançant des coopératives agricoles. Mais c’est dans le domaine de la pêche que l’on retrouve le plus important contingent, comme Philippe Guérin. Arrivé en 1991, ce marin de 50 ans, originaire de Saint-Brieuc, est à la tête d’Enez Du, un armement exploitant douze palangriers. Il doit son installation dans l’île« comme beaucoup, à une rencontre dans un bistrot. À Concarneau, un gars m’a convaincu d’aller là-bas. » Échange de bons procédés : les jeunes Réunionnais en apprentissage se voient offrir des opportunités de formation en Bretagne Doucement, des projets culturels voient aussi le jour. Les communes de Lorient et Saint-Paul, point d’arrivée et de départ des premiers colons, sont ainsi en train de mettre en place un partenariat dans le cadre du label Ville d’art et d’histoire.« C’est important pour nous, assure Suzelle Boucher, adjointe saint-pauloise à la culture.Nous sommes dans un parcours de redécouverte de notre histoire, la ville de Lorient peut nous apporter un éclairage. »

Maxime LAVENANT




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